
Bonjour à toutes et à tous.
Voici une petite histoire qui m’est arrivée, pas plus tard que samedi dernier, et que je vous rapporte pour que vous ne soyez pas surpris si vous vivez la même aventure.
Je revenais de boire un café avec un ami, dans le centre de L’Isle-sur-la-Sorgue, lorsque, passant devant la petite supérette qui marque l’entrée du village des antiquaires, une voix m’interpella :
— Hey, voisin, ça va ?
C’était un homme à l’allure sympathique. Ne le reconnaissant pas du tout, mais étant bien élevé (ou plutôt un peu gêné par mon manque de mémoire des visages), je lui souris et lui répondis poliment que tout allait bien. Je lui demandai aussi de ses nouvelles.
Il me fixa alors, comme pris d’un doute :
— Je ne me trompe pas, tu es bien mon voisin ? Tu habites où ?
Vous le voyez venir, le loup ?
Un peu pris de court et commençant à me douter qu’il allait tenter de me soutirer quelques euros, je lui indiquai une adresse au hasard.
— Mais oui, c’est bien ça ! me dit le scélérat. Et de poursuivre : il m’arrive un truc pas croyable. Ma femme est partie travailler en emportant les clés de la maison et elle ne rentre que demain. Je suis bloqué dehors, sans mes papiers, et il faut que je fasse de l’essence. Ma femme m’a dit de demander au voisin s’il ne pourrait pas me dépanner de cinq euros.
Je ne sais pas ce qui m’a le plus fait sourire à cet instant : le fait qu’il tente de me pigeonner avec une histoire aussi bancale ou qu’il ne me réclame que cinq euros.
Lorsque je lui fis remarquer qu’avec cinq euros, il ne pourrait guère obtenir que deux litres d’essence et que donc, à moins d’avoir une mobylette, il n’irait pas loin, l’escroc partit, la mine déconfite.
Je fus tenté de le rattraper pour lui donner quelques conseils afin de peaufiner son histoire, mais il avait déjà disparu.